L'ex-miss qui avait fait preuve d'ironie sur les réseaux sociaux risque... la prison

Un procureur turc réclame un an de prison contre une ex-Miss Turquie qui avait comparé dans un tweet ses règles au "sang répandu" par les victimes du putsch manqué l'an dernier, ont rapporté jeudi les médias.

Couronnée Miss Turquie 2017 en septembre, Itir Esen, 18 ans, avait été quasi immédiatement déchue de son titre après la découverte du message jugé insultant publié sur son compte Twitter trois mois auparavant. "Ce matin, j'ai eu mes règles pour célébrer le jour des martyrs du 15-juillet. Je commémore ce jour en versant par procuration le sang répandu par nos martyrs", avait écrit la jeune femme le 16 juillet dernier, au lendemain de la célébration du premier anniversaire du putsch manqué qui a fait quelque 250 victimes.

Dans son acte d'accusation finalisé jeudi, un procureur d'Istanbul estime qu'elle a "ouvertement dénigré une partie de la société en raison (...) de ses croyances", et réclame entre six mois et un an de prison contre la jeune femme, selon l'agence de presse Dogan.

Lors de l'enquête, Mme Esen a rejeté ces accusations et indiqué que le tweet se voulait ironique, d'après Dogan.

Les victimes de la tentative de coup d'Etat font l'objet d'un culte national en Turquie, où leurs portraits sont omniprésents dans l'espace public. Dans ses discours, le président turc Recep Tayyip Erdogan fait régulièrement référence aux "martyrs" du putsch avorté.

Par ailleurs, les réseaux sociaux sont particulièrement surveillés et M. Erdogan a multiplié les poursuites pour "insulte au chef de l'Etat" contre des internautes ayant écrit ou relayé des messages jugés injurieux.

L'an dernier, un médecin turc a ainsi été condamné à un an de prison avec sursis pour avoir partagé sur sa page Facebook un montage photo mettant côte à côte M. Erdogan et Gollum, une créature bien connue des fans de l'univers médiéval-fantastique du Seigneur des anneaux.

Mme Esen n'est pas la première reine de beauté turque à faire les frais de ses posts sur les réseaux sociaux.

L'an dernier, Merve Büyüksaraç, élue miss Turquie en 2006, a été condamnée à un an et deux mois de prison avec sursis après avoir partagé sur son compte Instagram une version tronquée de l'hymne national turc comportant des insultes envers M. Erdogan.

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