Belgique: arrêt prolongé pour un réacteur nucléaire, Electrabel pointé du doigt

Un des sept réacteurs nucléaires de Belgique, Doel 3, va connaître un arrêt "prolongé" en raison de dégradations que l'exploitant Electrabel (groupe Engie) n'a pas suffisamment prises en compte, a indiqué jeudi l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN).

"On a constaté que l'exploitant n'avait pas suffisamment mené à bien ses opérations de contrôle de la dégradation du béton, ni les réparations qui vont avec", a déclaré à l'AFP Sébastien Berg, porte-parole de l'AFCN.

La Belgique compte quatre réacteurs sur le site de Doel (nord) et trois à Tihange (est).

Le réacteur Doel 3, dont la vétusté est régulièrement dénoncée, a été mis à l'arrêt fin septembre pour des travaux d'entretien qui étaient programmés.

Mais durant la révision, a expliqué M. Berg, il a été constaté "une dégradation plus avancée que ce qui est permis par les conditions d'exploitation", obligeant à "prolonger" l'arrêt.

Le quotidien belge Le Soir, qui a révélé l'information, évoque désormais "sept mois d'inactivité minimum", soit un redémarrage attendu au plus tôt fin avril 2018.

Des dégagements de vapeur consécutifs à l'arrêt du réacteur auraient dégradé davantage que prévu le "bunker", une sorte de mégacoque en béton hébergeant les systèmes de secours de la centrale.

L'AFCN a évoqué "le détachement de morceaux ou des fissures dans le béton".

"Ce bunker abrite des systèmes de secours tels que les pompes de secours et les générateurs diesel", a expliqué dans un communiqué Jean-Marc Nollet, chef des députés Ecolo-Groen.

"La dégradation du béton détectée remet en cause la garantie de fonctionnement de ces systèmes de secours, entraînant une sérieuse augmentation du risque face à un accident externe", a ajouté M. Nolet, "la responsabilité d’Electrabel est écrasante et sa négligence n’a d’égal que son obstination à prolonger une technologie aussi inutile que dangereuse".

En Belgique, malgré le consensus sur la vétusté des centrales, vieilles parfois de plus de 40 ans, le débat est vif entre partenaires de la coalition au pouvoir sur les modalités de sortie du nucléaire à l'horizon 2025.

Les nationalistes flamands de la N-VA, piliers de la coalition, veulent désormais des garanties sur le contrôle du prix de l'électricité en échange de leur soutien à cet engagement du gouvernement conduit par le libéral francophone Charles Michel.

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