D'anciens footballeurs escroqués par la société Capitalium: plus de 7 millions d'euros détournés

Escroqueries et fraude de grande ampleur sont au coeur du procès qui s'est ouvert ce mardi matin au tribunal correctionnel du Brabant Wallon à Nivelles. Treize personnes, liées à une société qui s'appellait "Capitalium", sont poursuivies pour avoir détourné pendant plusieurs années plus de 7 millions d'euros en promettant des investissements. Une trentaine de personnes en a été victime, dont les anciens footballeurs Mbo Mpenza et Luigi Pieroni.

Le tribunal correctionnel du Brabant wallon a entamé mardi l'examen du dossier dit "Capitalium", une vaste affaire d'escroqueries commises de 2002 à 2011, reprochées notamment à la femme d'affaire Véronique Van Acker, et dont certaines parties civiles sont des noms connus comme les anciens footballeurs professionnels Mbo Mpenza et Luigi Pieroni. La prévenue principale proposait des produits financiers avantageux à des investisseurs et plus de 7 millions d'euros ont disparu.

Mbo Mpenza, par exemple, aurait perdu plus de 340.000 euros, selon les dires de son avocat interrogé par nos journalistes Sébastien Prophète et Benjamin Van Kelst. Jusqu'à aujourd'hui, l'ancien joueur de Mouscron, du Standard ou encore d'Anderlecht n'a pas récupéré un centime de son investissement.

Van Acker, en aveu, regrette

Véronique Van Acker, présente sur le banc des prévenus, ne conteste rien et dit regretter les faits. "Je suis coupable, je reconnais les faits. J'ai mis des années de thérapie pour comprendre comment j'ai fait pour en arriver à une telle situation, et à mettre tellement de gens dans les ennuis. Je regrette sincèrement. Si je pouvais revenir en arrière et réparer les choses, je le ferais. Malheureusement, ce n'est pas possible. Il m'a fallu des années pour comprendre: j'étais dans une fuite par rapport à la réalité", a-t-elle précisé en répondant aux questions de la présidente.

Elle a caché la vérité

Véronique Van Acker a affirmé lundi qu'elle avait d'abord créé un fonds légal avec un associé aujourd'hui coprévenu, Moïse L., au début des années 2000. Celui-ci aurait perdu l'argent des clients et à partir de là, elle aurait caché la vérité en s'enfonçant toujours plus dans le mensonge. "Dans ma folie, oui, j'ai tenté de boucher les trous. Mais dans la réalité, j'ai fait n'importe quoi. A aucun moment, je n'ai dit aux associés que la société périclitait: à ce moment-là, comme je me voile la face, je leur fais croire que tout va bien, comme je me le fais croire à moi-même", a encore indiqué la prévenue principale.

"J'ai tout perdu"

Van Acker a précisé que penser qu'elle avait caché de l'argent était entretenir un mythe. "Si on pense entretenir ce mythe selon lequel j'ai caché de l'argent quelque part, je n'ai rien. J'ai tout perdu et je n'ai jamais caché d'argent. Tout a été mal géré. L'argent cash a aussi servi à rembourser certains clients qui réclamaient des intérêts. Je l'ai dépensé, je m'en suis servi pour payer les factures des sociétés... D'autres personnes ont-elle pris de l'argent, je ne le sais pas", a répondu la prévenue, née en 1965 et actuellement en médiation de dettes.

Le tribunal entendra les parties civiles cet après-midi.

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