Une opération de police était annoncée à Bruxelles: une marée humaine se réunit pour empêcher l'arrestation de migrants

Une opération de police était annoncée à Bruxelles: une marée humaine se réunit pour empêcher l'arrestation de migrants

Une plate-forme citoyenne qui vient en aide aux migrants du parc Maximilien, à Bruxelles, a lancé un appel à la solidarité dimanche soir. Elle a organisé une chaîne humaine dans ce quartier. Cet appel fait suite à l'annonce de la Ligue des droits de l'homme, selon laquelle une source proche des autorités l'a informée d'une grosse opération policière pour interpeller des migrants. La plateforme citoyenne voulait donc empêcher cette intervention. Nos journalistes Justine Sow et Regjep Ahmetaj se sont rendus sur place pour évaluer la situation.

Une grosse opération de la police fédérale était annoncée dimanche à 20h00 pour interpeller des migrants dans la zone de la gare du Nord et du parc Maximilien. L'intervention était prévue après la distribution des repas qui a lieu sur l'esplanade de la gare du Nord.

Suite à cette annonce, la plateforme d'aide aux réfugiés a lancé un appel à la solidarité pour héberger les migrants de la zone afin de les évacuer. Un grand rassemblement a également été organisé pour former une sorte de chaîne humaine dimanche soir. Environ 2.000 personnes se sont rassemblées pour protester contre la politique migratoire du gouvernement et éviter cette opération de police qui n'a finalement pas eu lieu. 

"Ici sur l'esplanade de la gare du Nord, c'est noir de monde", a commenté notre journaliste Justine Sow en direct dans le RTLinfo 19H. "Il y a des centaines de personnes qui sont là, majoritairement des bénévoles qui, pour la plupart, ont eu l'habitude d'accueillir certains réfugiés ou demandeurs d'asile ou des migrants, chez eux, parfois de les nourrir aussi depuis plusieurs années", a précisé notre reporter.

Pour la plateforme d'aide aux réfugiés, l'appel est un succès. "On s'attendait à ce qu'il y ait des gens qui se mobilisent, mais on ne s'attendait pas à ce qu'il y ait plus de 1.000 personnes qui se mobilisent. Je suis très heureux de voir que nous sommes si nombreux aujourd'hui à défendre une politique migratoire plus humaine", a réagi Mehdi Kassou, porte-parole de la plateforme de soutien aux réfugiés.
 
En cas d'intervention de police, l'association avait déjà prévu ce genre de situation. "On a pris les devants depuis une bonne semaine. On a mobilisé toutes les familles pour qu'un maximum de personnes soient hébergées depuis hier ou avant-hier jusqu'au minimum lundi ou mardi, le plus longtemps possible. Ensuite on a gardé des places libres au centre d'accueil à Haren. Et les familles arrivées aujourd'hui ont permis d'absorber les personnes qui restaient à la gare du Nord", a ajouté le porte-parole.
 
Suite à cette mobilisation, il n'y a pas, ou presque pas, de migrant à la gare du Nord. C'était l'un des objectifs de la plateforme d'aide aux réfugiés.


Un responsable de l'opération a prévenu le président de la Ligue des droits de l'Homme après une réunion avec Jan Jambon

"Après l'élan de solidarité envers les migrants, il est remarquable de constater qu'au sein même de l'appareil de l'Etat, la résistance s'organise également contre l'action du ministre de la Sécurité Jan Jambon, son collègue Theo Francken, et plus globalement celle de l'ensemble du gouvernement", a indiqué dimanche M. Deswaef. Un responsable de l'opération aurait appelé le président de la Ligue des droits de l'Homme. L'appel serait intervenu après une réunion au cabinet du ministre de l'Intérieur Jan Jambon, qui planifiait une grosse action de la police fédérale dimanche soir au parc Maximilien.

Pour la Ligue des droits de l'homme, si une personne les a prévenus d'une possible opération policière, c'est peut-être parce que la politique belge envers les migrants est de moins en moins soutenue. "Il est plus que significatif qu'une personne au coeur même de l'appareil de l'Etat, de l'autre bord finalement, estime nécessaire et utile d'alerter la Ligue des droits de l'homme d'une action policière, dans le but de la faire échouer. C'est qu'au sein même de l'appareil de l'Etat, on doute de la pertinence de cette politique, qui vise à évacuer le problème des migrants plutôt qu'à le solutionner. C'est cette politique du gouvernement que nous dénonçons", a réagi Alexis Deswaef, interrogé par nos journalistes Justine Sow et Eric Poncelet.


Les polices locales refusent de participer à ce genre d'opération

Difficile cependant de vérifier si une opération était bien planifiée car, par définition, la police ne va pas l'annoncer. L'objectif est de surprendre éventuellement des personnes à un endroit pour pouvoir les arrêter si besoin. "Du côté de la police fédérale, on nous dit qu'il est possible qu'une opération de police ait lieu, puisque c'est ce qu'avait demandé Jan Jambon", a indiqué notre reporter Justine Sow en direct dans le RTLinfo 13H. "En revanche, du côté des polices locales, ce n'est pas la même chose. Schaerbeek a déjà dit qu'elle ne participerait plus à ce genre d'opération policière, sur ordre de son bourgmestre. Et du côté de Bruxelles ville, on nous dit que rien n'est prévu ce dimanche soir. S'il y a bien une opération policière, il se pourrait qu'il n'y ait que la police fédérale, voire la police des chemins de fer aussi".

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