Restructuration chez Carrefour: pourquoi la direction n'a-t-elle pas anticipé l'e-commerce?

Un conseil d'entreprise extraordinaire très attendu s'est tenu au siège de Carrefour Belgium jeudi à 14h à Evere. Le groupe de distribution, qui compte plus 12.000 magasins dans le monde, a annoncé mardi vouloir supprimer 2.400 postes en France. Sur le plateau du RTLinfo 13h, Bruno Wattenbergh, professeur d'économie et chroniqueur sur Bel RTL, explique la situation dans laquelle se trouve le groupe.

Carrefour a annoncé mardi la suppression de près d'un poste sur quatre en France, son effectif total s'élevant à 10.500 salariés dans le pays. Il révèle également, dans son plan de transformation "Carrefour 2022", sa volonté de rationaliser les implantations "de ses sièges dans l'ensemble de ses pays".

Davantage de détails concernant la Belgique sont attendus lors du conseil d'entreprise de jeudi. Mais l'annonce de Carrefour inquiète les syndicats car la dernière restructuration importante du groupe en Belgique avait entraîné la destruction de 1.700 emplois dans 14 magasins. "Plusieurs centaines d'emplois pourraient passer à la trappe", précise Bruno Wattenbergh.

L'e-commerce

Une précédente restructuration a déjà eu lieu en 2010 mais n'a pas pris en compte le commerce en ligne, qui prenait déjà de plus en plus de place dans les habitudes des clients. "À l'époque, la direction s'est concentrée sur les coûts, sur les marges, de manière à rendre le groupe rentable. Mais une polémique est née en France il y a quelques jours, en critiquant ce plan et en considérant que le management de Carrefour n'avait pas suffisamment investi, n'avait pas suffisamment pris de risques, pour pouvoir inscrire Carrefour dans la distribution moderne. C'est une distribution qui a complètement changé car vous ou moi, en tant que consommateurs, avons évolué dans nos demandes. L'e-commerce n'est pas encore très développé dans le frais mais Amazon arrive, prêt à s'engouffrer. On commence à avoir des acteurs qui ne font que de l'e-commerce et donc pas dans le drive. Dans l'e-commerce, Carrefour n'a pas vraiment pu développer des innovations"


"On ne restructure pas une entreprise qui est malade"

Pour les employés, il est très difficile de comprendre comment une entreprise bénéficiaire peut licencier. "Cela fonctionne de la même manière que lorsque l'on opère quelqu'un. On a intérêt à ce que cette personne soit en bonne santé. Vous avez beaucoup plus de chances de survivre si vous êtes en bonne santé. Quand on a une personne malade et qu'on l'opère, elle a beaucoup plus de chances d'y rester. Donc on ne restructure pas une entreprise qui est malade, car cela coûte beaucoup d'argent de restructurer, de licencier, mais aussi d'investir pour transformer l'entreprise. Donc si Carrefour ne le fait pas, ce sera encore pire dans trois ans", préditBruno Wattenbergh.

Pour le spécialiste, c'est la fin du modèle de l'hypermarché au profit d'une plus petite distribution plus intime.

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