Coup de feu devant l'Athénée royal de Woluwe-Saint-Lambert mardi: le parquet ouvre une enquête pour tentative d'assassinat

Une altercation a éclaté mardi entre des élèves de l’Athénée royal de Woluwe-Saint-Lambert. Certains témoins affirment qu’un ou deux coups de feu ont été tirés à cette occasion.

D'après un témoignage anonyme reçu via notre bouton orange Alertez-nous, les faits se sont produits mardi. Denis Goeman, porte-parole du parquet de Bruxelles, confirme l'information. "Tout serait parti d'un règlement de comptes", explique-t-il par téléphone. En effet, une jeune fille de l'école a d'abord confié à son petit copain (également scolarisé à l'Athénée royal) qu'elle était harcelée par un jeune. Mardi matin, une première bagarre a eu lieu entre ces garçons.

Quelques heures plus tard, ce jeune considéré comme étant auteur des faits de harcèlement aurait voulu se venger et a fait appel à dix de ses "amis" pour ce faire. Vers 13h30, ces dix élèves (tous mineurs d'âge sauf un) s'en seraient alors pris au petit copain de la jeune fille dans l'enceinte de l'école ou à proximité de celle-ci. Plusieurs témoins disent avoir entendu un ou plusieurs coups de feu. Certains affirment avoir aperçu "de la fumée". On ne dénombre aucun blessé, à la suite de ces tirs supposés.

 
Qui a tiré? Une enquête ouverte pour tentative d'assassinat notamment

Le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête pour tentative d'assassinat. Mais l'enquête doit à présent déterminer si une arme a bien été utilisée. En effet, pour l’instant aucune douille ni arme n’ont été retrouvées.

Dans ce dossier, onze jeunes garçons étaient considérés comme suspects. De nombreuses perquisitions ont été menées au domicile de ces personnes, toutes scolarisées dans l'établissement. Trois jeunes ont été interpellés. Deux d'entre eux ont été placés en IPPJ. L'un du chef de tentative de meurtre et menaces verbales. L'autre de tentative d'assassinat et harcèlement. "Ils sont âgés entre 16 et 18 ans, précise encore Denis Goeman. Ils risquent donc éventuellement un dessaisissement devant le tribunal correctionnel et donc d’être traités comme des majeurs".


Certains élèves et professeurs seraient affectés par cet incident

Nos journalistes Fanny Linon et Dominique Sokolowski ont interrogé le préfet Jean-Marie Hendrickx. "Les enfants sont écoutés, si jamais ils posaient des questions. Les enfants, en tout cas, sont aidés et les personnes qui sont là à leur écoute passent dans les classes régulièrement", affirme-t-il.

Selon nos informations, ce n’est pas la première fois que des faits graves se produisent dans l’école. Personne ne souhaite témoigner à visage découvert, par peur des représailles de la part de la direction. Une enseignante a quand même souhaité réagir anonymement. "Cette école, c’est une jungle. Cela fait des mois que nous recevons des menaces, que nous nous faisons agresser par des élèves. La direction ne fait rien. Elle nous met la pression pour que l’on ne parle pas à la presse", dit-elle.

Un autre témoin anonyme nous affirme qu’aucune instruction ni soutien n’ont été mis en place par la direction le jour même. "Le jour même, les élèves n'ont reçu aucune instruction, aucun soutien. La direction minimisait les faits. Le lendemain, beaucoup sont revenus traumatisés transmettant ce traumatisme aux enseignants, se traduisant par des scènes de colère et de pleurs", affirme ce témoin. Le jeune visé par le tir serait en état de choc.


D'autres enseignants défendent la direction et évoquent une "calomnie"

Réagissant à la publication de nos informations et au témoignage anonyme d'une enseignante, un autre membre du corps professoral, nous a écrit, déclarant parler au nom de plusieurs de ses homologues avec la volonté de contester ce qui a été dit. Voici son message en intégralité.

"Notre établissement a été qualifié de" jungle", un lieu où on a peur de se faire agresser que l'on soit professeur ou élève. L'école est-elle une jungle ? Si elle l'est, elle ne l'est ni plus ni moins que la société dans laquelle nous vivons.

L'incident dont il est question a démarré par des injures sexistes à l'encontre d'une jeune-fille. A l'époque de "Me-too" et de "balance ton porc", cela relève du fait de société. Que faire face à ce phénomène? La société ne propose aucune réponse. L'école dispose de services compétents – PMS, Médiation, Proviseur – pour aider les jeunes face à une situation problématique. Faut-il encore qu'ils émettent un signal de détresse qui puisse être perçu par l'un de nous.

Dans la presse, nous lisons "fusillade", "coup de feu". Nous sommes étonnés qu'à l'heure actuelle, les médias semblent détenir autant de certitudes à propos d'une enquête encore en cours. La télévision a donné la parole à un professeur de l'athénée sous le couvert de l'anonymat. Celui-ci déplore la dégradation des conditions de travail, les violences et les pressions que nous subirions en vue de nous faire taire. A cela nous aimerions répondre en deux temps.

Avant tout nous ressentons de l'empathie pour tout professeur affecté par la violence qui souvent surgit dans la relation élève enseignant. Peu de professeurs, voire de parents, peuvent se prévaloir d'en avoir été exempts. C'est un défi quotidien. Comment contenir, limiter et punir les faits de violence sans entrer dans une attitude répressive engendrant l'escalade de la violence, ou encore l'exporter sans trop d'états d'âme vers d'autres écoles.

Quant à la pression de la direction sur les enseignants en vue de les empêcher de communiquer à propos des faits de violence, nous estimons qu'il s'agit de propos mensongers et de calomnie. Nous avons rarement connu à l'Athénée Royal de Woluwe-Saint-Lambert une direction à l'attitude aussi transparente et ouverte.

Nous tenons également à préciser que la réaction de la direction par rapport à cet incident a été immédiate. Beaucoup d'actions ont été mises en place parallèlement à l'intervention de la police. Les médias à la recherche de sensationnel nous ont devancés de peu. Contrairement à ce qui a été dit, nous ne sommes pas habitués à gérer ce type de crise.

La violence est malheureusement omniprésente. Elle l'est parfois dans nos classes aussi. Est-il nécessaire de dire que la plupart de nos élèves sont des jeunes gens normaux et sans histoire?", a écrit l'enseignante dans une lettre adressée à notre rédaction via le bouton orange Alertez-nous.

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