De nombreuses victimes d'abus sexuels ont franchi la porte de ce centre à Bruxelles: "Peut-être que la parole se libère avec le phénomène #Metoo"

De nombreuses victimes d'abus sexuels ont franchi la porte de ce centre à Bruxelles: "Peut-être que la parole se libère avec le phénomène #Metoo"

Le centre "320 rue Haute" a ouvert il y a trois mois à Bruxelles. L'endroit a déjà reçu 124 personnes depuis son ouverture en pleine affaire Weinstein. Quel accompagnement propose ce centre située à Molenbeek-Saint-Jean ? Un reportage de Mathieu Col et Michel Herinckx.

Chaque jour, des victimes de viol, d'attouchements, de violences sexuelles poussent la porte du "320 rue Haute". Elles sont prises en charge par une infirmière pour un examen. Ensuite, elles passent du temps avec des psychologues. "C'est très accueillant, il n'y a pas trop de monde. On est pris en charge de façon assez intime. On n'est pas mélangé à toute une série d'autres pathologies de l'urgence. Je pense que c'est important quand on vient d'être victime d'une agression sexuelle d'être dans un endroit cocooning, chaleureux", a confié Françoise Leroux, coordinatrice du 320 rue Haute, au micro de Mathieu Col.

Il s'agit d'un projet fédéral. Il existe un centre à Gand et un autre à Liège. Celui de Bruxelles est ouvert depuis le début du mois de novembre. À ce jour, il a accueilli 124 victimes. "Je pense que c'est aussi le fait que la prise en charge soit optimale qui fait qu'on a eu autant de gens. Il n'y a pas eu plus de victimes, mais les victimes ne sont pas divisées soit à la police soit aux urgences soit dans un cabinet de psychologues... Elles sont regroupées ici. Les soins sont rassemblés ici", a précisé Kelly Gustot, psychologue du centre pour les victimes de violences sexuelles.

#Metoo

Dans ce centre, les victimes se sentent tout de suite prises au sérieux. Elles sont prises en charge immédiatement, même par la police qui se déplace pour enregistrer les plaintes de ceux et celles qui le souhaitent. C'est cette bonne organisation qui explique ce nombre élevé de prises en charge. "Ce qu'il y a avec le phénomène #metoo, c'est qu'on reconnaît que les personnes qui sont victimes d'agressions sexuelles sont légitimes. Peut-être que la parole se libère autour de ça. Le fait d'avoir un dispositif qui existe, et dans lequel les victimes peuvent venir, leur donne peut-être confiance sur le fait qu'on va les croire", a détaillé la coordinatrice du 320 rue Haute.

Ce projet a tout son sens au cœur de la capitale, où 88% des Bruxelloises ont été victimes d'intimidations sexuelles, selon une récente étude réalisée par le gouvernement bruxellois.

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