Film officiel des JO: Yi Seung-Jun, héritier de Milos Forman, Lelouch et Saura

Successeur de Milos Forman et Carlos Saura, le cinéaste sud-coréen Yi Seung-Jun s'est inspiré d'un poème sud-coréen pour signer le scénario du film officiel des jeux Olympiques de Pyoengchang qu'il "rêve" de montrer en Corée du Nord.

"Les fleurs s'épanouissent sur chaque frontière": "Ce poème, il signifie que l'espoir vient de toutes les frontières, malgré les luttes et les conflits dans le monde. En tant que réalisateur, j'essaie de parcourir tous les territoires de l'espoir", explique pour l'AFP ce documentariste, sélectionné dans les plus grands festivals au monde.

Les jeux Olympiques, "c'est un instant où tous les athlètes du monde, qu'ils viennent d'Afrique ou d'Amérique du Sud, qu'ils soient musulmans ou chrétiens, se retrouvent tous ensemble pour disputer les Jeux et je voulais me concentrer sur ce moment où toutes les frontières tombent", ajoute le réalisateur de 47 ans, qui vit à Gunpo, près de Séoul.

"Nous sommes toujours en conflit avec la Corée du Nord, mais leurs athlètes sont là et vont concourir ici, certaines au sein d'une équipe de hockey féminine commune, c'est ça l'esprit olympique", souligne encore le documentariste, alors que cette équipe féminine unifiée de Corée débutera samedi 10 février son tournoi face à la Suisse.

- "Les Dieux du Stade" -

La tradition des films officiels des jeux Olympiques est très ancienne. "Il s'agissait, à l'époque où la télévision n'existait pas, de passer en revue les Jeux en images", explique Francis Gabet, directeur de la Fondation olympique pour la Culture et le Patrimoine.

"Puis l'écriture de ces films a évolué, notamment avec +Les Dieux du Stade+", ajoute M. Gabet, le très esthétique mais controversé documentaire de la cinéaste allemande Leni Riefenstahl, sur les Jeux d'été de 1936 à Berlin, film à très gros budget, entièrement couvert par le régime nazi.

Après guerre, de très grands cinéastes ont été commissionnés, tels Claude Lelouch lors des JO d'hiver de Grenoble en 1968 et Carlos Saura ("Cria cuervos") qui réalise "Marathon" lors des JO de Barcelone en 1992.

Plus récemment aux JO de Rio en 2016, c'est le réalisateur à succès brésilien Breno Silveira qui signe le film officiel.

Après un vaste programme de restauration, la collection des films olympiques comprend aujourd’hui plus de 40 longs métrages et 60 courts métrages dans leur format et langue d'origine. Leurs auteurs ont également pour nom Milos Forman, l'inoubliable réalisateur de "Vol au-dessus d'un nid de coucou", mais aussi le Japonais Kon Ichikawa, l'un des maîtres du cinéma japonais.

"J'ai vu certains de ces films et celui de Carlos Saura m'a beaucoup marqué, je me sens assez proche de lui", confie encore Yi Seung-Jun.

Avec une équipe de sept personnes, portée à 19 pendant la durée des Jeux (9-25 février), il est allé depuis décembre dernier tourner un peu partout dans le monde à la rencontre de sportifs, avant de se concentrer sur les JO.

- Un sourire -

"Il y a dans mon film un personnage central, explique le réalisateur. C'est une joueuse de hockey sur glace américano-coréenne, qui joue pour la Corée du Sud mais ne parle pas coréen. Elle essaie de communiquer avec les Nord-Coréennes mais elles ne la comprennent pas car elles ne parlent pas anglais. Elles communiquent seulement par le sourire, c'est un moment incroyable, ce genre d'images, je peux les capturer."

Ces Jeux, disputés à seulement 80 km de la frontière nord-coréenne, peuvent-ils selon lui contribuer à rapprocher les deux Corées, officiellement encore en guerre ?

"Qui sait ? Mais j'espère. Ce que je sais, c'est que les gens au sud et au nord veulent se parler, échanger. Il y a toujours une tension mais ils ont envie les uns des autres, ce film pourrait être un moment très symbolique."

Le film sera bouclé en octobre et son réalisateur espère qu'il sera montré en avant-première lors du réputé festival de Busan, en Corée du Sud, plus important festival international du film en Asie.

Et une présentation en Corée du Nord, Yi Seung-Jun y pense-t-il ? "Bien sûr, je sais qu'il y a le Festival du film de Pyongyang tous les 2 ans. Si mon film était sélectionné, ce serait historique, j'en rêve".

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