L'un se fait insulter durant des années, l'autre est agressée et filmée à son insu: deux ados harcelés témoignent avec dignité (vidéo)

Comment se reconstruire après avoir été harcelé ? Deux adolescents, confrontés au phénomène, ont accepté de se confier à nos reporters Amélie Schildt et Regjep Ahmetaj.

Pour Anaïs, 14 ans, tout a commencé au printemps dernier, lors d'une sortie entre copines dans un parc d'attraction. Un groupe de filles commence à les suivre et à se moquer ouvertement des amies d'Anaïs. "Elles ont sorti leur téléphone et nous prenaient en photo ou faisaient des vidéos, raconte l'adolescente. Ça a duré 30 minutes et j'ai commencé à en avoir marre. Je me suis mise devant mes copines, et j'ai caché mon visage avec un doigt d'honneur, ce qui ne leur a pas plu".

Les jeunes filles agressent Anaïs et la rouent de coups. En même temps, les harceleuses filment la scène, ce que la victime vit comme une deuxième agression. "La vidéo avait été postée sur le net et moi, je ne voulais pas finir par faire le buzz ou quoi. Franchement, sur Facebook, Twitter etc., il arrive facilement de voir des vidéos de baston ou bagarre, et même avec des gens qui en rigolent. Et je ne voulais pas du tout me retrouver dans une vidéo telle que celles-là".

La mère d'Anaïs dépose plainte à la police. Mais la vidéo des violences n'a pas pu être identifiée ni retirée des réseaux sociaux. "On reste avec ce point d'interrogation 'Qu'est devenue cette vidéo?'. J'espère juste qu'elles ont eu l'intelligence de se dire 'Ce n'est pas malin, on va la retirer'", explique Valérie, la maman d'Anaïs.

Kelou s'est fait harceler à l'âge de neuf ans et pendant des années

Kelou, 13 ans, a aussi été harcelé. Et ça a commencé lorsqu'il a changé d'école. A 9 ans, il devient alors la cible d'un groupe d'élèves de l'établissement scolaire dans lequel ses parents viennent de l'inscrire. "Ils m'insultaient de sale noir, me disaient 'Sale nègre, pourquoi t'es gros?', se souvient Kelou, aujourd'hui adolescent. J'étais le seul à avoir la peau noire dans cette classe. Je n'ai pas aimé, mais je n'ai rien fait". Les insultes s'étendent alors sur les réseaux sociaux. Pendant 3 ans, Kelou subit un calvaire. Jusqu'à ce qu'on professeur lui vienne en aide. "Si je le disais, j'avais peur que ça ne se transforme en agression physique, qu'ils se mettent à me taper", explique Kelou.


Kelou regrette d'avoir lui-même transféré une photo de façon malveillante

De harcelé à harceleur, il n'y a parfois qu'un pas. Kelou en a lui-même fait l'expérience, sous la mauvaise influence d'un ami. "Il m'avait envoyé une photo et moi, je devais l'envoyer à des amis des autres classes. C'était une photo méchante. Je n'aurais pas dû".

Plein de bon sens et de bienveillance, Kelou demande aujourd'hui conseil à son entourage avant de publier sur les réseaux sociaux, conscient qu'un message mal intentionné peut être dévastateur.

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