La procureure et les avocats des policiers contre-attaquent après la plaidoirie de Sven Mary

Le procès de Salah Abdeslam et de Sofien Ayari pour la fusillade de la rue du Dries se poursuit. Sven Mary, l'avocat d'Abdeslam, a demandé l'irrecevabilité des poursuites à cause, selon lui, d'un problème de procédure d'ordre linguistique. Il a également affirmé que son client n'avait pas cherché à affronter la police et il a réfuté le contexte terroriste lors de la fusillade. La procureure et les avocats des policiers ont répondu durant les répliques. La prochaine étape du procès est fixée le 29 mars avec une nouvelle audience. Salah Abdeslam a été reconduit à la mi-journée à la prison de Fleury-Mérogis, après trois nuits passées dans une prison du nord de la France.

Après la plaidoirie de Sven Mary, conseil de Salah Abdeslam, Me Alié, qui représente des policiers constitués partie civile au procès de la fusillade de la rue du Dries, a entamé les répliques. Elle a répété que les prévenus devaient être considérés comme co-auteurs des faits. "Ils savaient tous. Ils avaient peur que la police débarque à tout moment", a-t-elle rappelé sur base des interrogatoires d'Osama Krayem. "Et malgré cela, ils n'avaient pas de plan?".

"Faut pas jouer au djihadiste quand on n'en a pas la capacité". Me Maryse Alié a paraphrasé le texte de la chanson "Ces gens-là", de Jacques Brel, pour faire part de son sentiment à l'égard de Salah Abdeslam. "S'il a fui, ce n'est pas par conviction, c'est avant tout par lâcheté, par couardise", a-t-elle indiqué jeudi lors de sa réplique devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Si Salah Abdeslam ne s'est pas fait exploser à Paris, c'est par "lâcheté", estime l'avocate. "Vos clients ne sont pas à votre hauteur", a-t-elle également adressé à ses confrères de la défense.

"On juge des faits dans leur contexte et il s'avère que les trois suspects continuaient à vivre ensemble, à manger ensemble, à cohabiter...", a déclaré Me Maryse Alié, contestant l'argument de la défense des prévenus selon lequel il fallait juger ceux-ci uniquement pour la fusillade, sans y attacher un contexte terroriste.

Concernant la violation de l'article 12 de la loi sur l'emploi des langues en matière judiciaire, Me Alié a également contesté cette affirmation développée par la défense. "La réponse est dans le code judiciaire. Pour moi, il n'y a pas de problème. La loi a été respectée car l'emploi des langues est aussi prévu par l'article 79 du code pénal", a-t-elle déclaré à la sortie de l'audience. "Oui, les débats ont été sereins", a-t-elle finalement dit. "Je fais confiance aux juges".

La défense veut qu'on pousse sur 'pause' au moment de la rue du Dries

Me Tom Bauwens, qui représente deux agents des forces spéciales, s'est lui fait ironique, en déclarant que Sofien Ayari, sur base du portrait dressé par ses avocats jeudi matin, pourrait recevoir le Prix Nobel. "Ils sont gentils parce qu'ils n'ont pas été tirer sur le palier de l'appartement, parce qu'ils n'ont pas essayé de faire un plus grand carnage. La défense veut qu'on pousse sur 'pause' au moment de la rue du Dries" sans envisager le reste, et notamment le contexte de fuite après les attentats de Paris, s'est-il insurgé.

L'avocat s'est opposé à la défense sur plusieurs points, et notamment sur le fait que l'importance du drapeau de l'Etat islamique retrouvé rue du Dries ait été selon lui minimisée par les conseils de Salah Abdeslam et Sofien Ayari. Ce n'est pas un objet que l'on peut se procurer n'importe où, a objecté Me Bauwens, en soulignant que si quelqu'un en cherchait un sur internet, il susciterait rapidement l'attention des forces de l'ordre.


La réplique de la procureur

La procureure fédérale est également intervenue lors des répliques à la plaidoirie de Sven Mary. Selon elle, "lorsque les deux (NDLR: Salah Abdeslam et Sofien Ayari) se sont enfuis, ce n'est pas par lâcheté, c'est parce qu'ils avaient d'autres projets".

L'avocat de Salah Abdeslam a prétendu que l'arme retrouvée rue de l'Eau, et présumément emportée par son client et Sofien Ayari, n'a pas été utilisée par ceux-ci. "Et donc Abdeslam et Ayari emporteraient une arme avec laquelle ils n'ont rien à voir?", a réagi la procureure.

Une nouvelle audience se tiendra le 29 mars, mais sans Abdeslam ni son coprévenu Sofiane Ayari, pour débattre de la recevabilité d'une association de victimes du terrorisme comme partie civile, a précisé Mme Keutgen. Le jugement devrait ensuite être mis en délibéré.

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