Michel Houellebecq accuse l'État français d'avoir "tué" Vincent Lambert

Vincent Lambert, patient en état végétatif depuis un accident de la route en 2008, est décédé jeudi matin à l'âge de 42 ans, huit jours après l'arrêt de son hydratation et de son alimentation par sonde. Son cas, qui a divisé sa famille, est devenu le symbole du débat sur la fin de vie en France.

"Vincent est mort, tué par raison d'État et par un médecin qui a renoncé à son serment d'Hippocrate (...). L'heure est au deuil et au recueillement. Il est aussi à la méditation de ce crime d'Etat", ont déclaré dans un communiqué Me Jean Paillot et Jérôme Triomphe, avocats de Pierre et Viviane Lambert, opposés depuis des années à l'arrêt des traitements de leur fils.

"Cette cathédrale d'humanité qui brûlait depuis une semaine sous nos yeux impuissants s'est effondrée. Il n'aura été tenu aucun compte de la dignité de cet homme handicapé, condamné parce que handicapé", ont-ils ajouté. Selon eux, "cette faute ignoble ébranle les fondements de notre droit et de notre civilisation" et "rejaillit sur nous tous".


"L’Etat français a réussi à faire ce à quoi s’acharnait"

"Il m'est difficile de me défaire de l'impression gênante que Vincent Lambert est mort d'une médiatisation excessive, d'être malgré lui devenu un symbole", affirme l'auteur culte des "Particules élémentaires" dans une tribune au Monde, écrite avant l'annonce du décès.

Dans son bref texte, il dénonce une forme d'ingérence de l'Etat et s'en prend tout particulièrement à la ministre française de la Santé, Agnès Buzyn, qu'il accuse d'avoir voulu "ouvrir une brèche" et "faire évoluer les mentalités".

"C'est fait. Une brèche a été ouverte, en tout cas. Pour les mentalités, j'ai des doutes. Personne n'a envie de mourir, personne n'a envie de souffrir: tel est, me semble-t-il, l'état des mentalités, depuis quelques millénaires tout du moins", écrit le romancier, l'un des auteurs français les plus traduits à l'étranger.

Car, "Vincent Lambert n'était nullement en proie à des souffrances insoutenables, il n'était en proie à aucune souffrance du tout (...) Il n'était même pas en fin de vie. Il vivait dans un état mental particulier, dont le plus honnête serait de dire qu'on ne connaît à peu près rien", poursuit-il, digressant sur les bienfaits supposés de la morphine ou le concept de dignité.

"La dignité ne peut en aucun cas être (altérée) par une dégradation, aussi catastrophique soit-elle, de son état de santé. Ou alors c'est qu'il y a eu, effectivement, une 'évolution des mentalités'. Je ne pense pas qu'il y ait lieu de s'en réjouir", conclut le romancier de 63 ans, connu pour ses romans à la fois polémiques et visionnaires.

AFP

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