Sandrine Sarroche, humoriste: "Il y a une espèce de liberté différente sur scène qu'en télé ou à la radio"

Dans une autre vie, elle était avocate mais depuis 10 ans, c'est la scène qui a pris le dessus jusqu'à devenir l'une des humoristes les plus en vus en ce moment, en France. Sandrine Sarroche est l'invitée de ce 13h.

Je voudrais revenir sur ce moment fascinant où vous avez décidé de changer de vie. Vous avez fait du théâtre et du chant pendant toute votre jeunesse mais professionnellement, vous étiez avocate. Qu’est-ce qui a fait que tout à coup vous avez eu le courage de changer de vie ? Cela s’est fait du jour au lendemain ?

Non en réalité, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Ça se fait progressivement bien sûr mais il y a un moment où on se dit "Est-ce que je vais continuer toute ma vie à arriver au bureau et à me dire comme un lundi et puis le vendredi me dire comme un vendredi ?". Je voyais bien que ce n’était pas fait pour moi. Parfois je pouvais faire des siestes sous mon bureau. A un moment-donné je me suis dit qu’il fallait que je fasse ce pour quoi je suis faite.

C’était stressant de changer de vie ?

Oh oui ! Bien sûr que c’est difficile. C’est tellement stressant que 3 jours après j’ai repris un nouveau boulot. Pour me rendre compte que je n’étais pas faite pour cela, j’ai rencontré un copain qui était dans le marketing et il m’a demandé "Est-ce que tu veux venir bosser avec moi?". J’ai dit oui tout de suite, j’avais tellement peur de ne pas gagner ma vie. J’ai donc repris un nouveau boulot et je ne suis restée que deux mois.

Visiblement l’humour et la scène, ça vous réussit puisque depuis vous avez écrit 4 spectacles. Vous serrez de passage chez nous, le 30 avril au Centre culturel d’Auderghem. Vous êtes chroniqueuse à la télévision et en radio depuis la rentrée sur RTL France. L’humour à la télé ou à la radio, n’est-ce pas très différent de l’humour sur scène ?

Ce sont trois exercices qui paraissent similaires et c’est tout à fait différent. La scène est un espace de liberté, un des derniers donc quand je suis sur scène, je suis chez moi, je dis ce que je veux.

La scène, c’est ce que vous préférez ?

Oh oui ! J’adore la télé. J’adore la radio. Mais la scène ? Le jeu avec le public, c’est magique !

Vous avez beaucoup de contraintes à la télé et à la radio ?

Vous savez quand on pose la question si on peut rire de tout, on voit vraiment la différence car sur scène, je suis beaucoup plus libre et pourtant, je n’ai pas de censure. Je ne suis pas en train de dire que j’ai de la censure à la télé ou à la radio, personne ne relis mes papiers en radio. Il y a une espèce de liberté différente. C’est pour ça qu’il faut vraiment aller voir tous les artistes différents sur scène, vraiment.

Vous parlez de beaucoup de femmes sur scène. Vous vous dites féministe mais tous vos personnages sont des femmes déprimées, seules, débiles ou misérables. Est-ce que ça sert vraiment à la cause de les montrer comme ça ?

On ne fait pas beaucoup rire avec ce qui va bien. Elles sont seules souvent effectivement mais je mets beaucoup de « moi », je me regarde, je regarde mes amis. J’ai écrit vraiment ce spectacle pour faire du bien !

Ce créneau de la mère de famille un peu au bout du rouleau, c’est un créneau qui est pas mal utilisé par d’autres humoristes féminines. Comment vous faites pour vous démarquer ? Qu’est-ce qui fait votre différence ?

Je me démarque beaucoup avec le chant. J’ai pas mal de passage en chanson dans mon spectacle. J’ai fait du chant lyrique au Conservatoire lorsque j’étais plus jeune. Dans mes chroniques télévisées ou radios, j’utilise toujours le vecteur du chant parce que c’est un vecteur de communication formidable. Je donne toujours l’exemple de la chanson d’Aznavour "comme ils disent" ou "La Corrida" de Cabrel. En deux minutes trente, on dit beaucoup plus de choses que dans un ponflé. C’est plus facile. J’essaie toujours d’ajouter de la douceur dans ce qui nous fait mal, ce qui nous fait souffrir, ce qui nous agace.

Comme maman vous parlez aussi de vos enfants, votre fils a 15 ans. Vous abordez l’adolescence. L’adolescence, c’est vraiment pire que la petite enfance ? Dites-nous la vérité.

Oui ! Par certains côtés. Petit est égal à petits soucis et grand, ce sont des grands soucis. Ce sont des soucis moins physiques mais plus psychologiques. En enfance, le physique on l’oublie facilement. Le psychologique, ça trotte dans la tête et c’est compliqué.

Dans un précédent spectacle, il y avait un sketch sur les riches parisiens expatriés chez nous, en Belgique. Y-a-t-il d’autres choses de chez nous ?

Il y est encore. C’est quelque chose que j’ai vécu. J’ai pas mal de copains qui sont venus chez vous qui sont partis. On a perdu nos amis petit à petit, ils sont venus s’installer à Bruxelles plus exactement à Uccle. Donc j’ai toujours ce personnage que j’enrichis d’ailleurs. Le personnage de Martine exilé fiscale à Bruxelles mais pas que. Que c’est un personnage que j’aime beaucoup et qui plaît beaucoup !

La scène, la comédie c’est vraiment un métier d’émotion. Qu’est-ce qui vous rend la plus heureuse aujourd’hui dans cette nouvelle vie que vous avez déjà entamé depuis 10 ans ?

J’aime beaucoup voir les mines réjouies du public lorsque je suis sur scène. Il y a cet échange et qu’on vient me dire à la fin du spectacle non pas bravo mais merci !


Sandrine Sarroche sera le 30 avril au Centre culturel d’Auderghem.

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