"Une histoire de cornecul": à la barre, Christophe Rocancourt assure avoir "changé"

"Une histoire de cornecul": à la barre, Christophe Rocancourt assure avoir "changé"
"Une histoire de cornecul": à la barre, Christophe Rocancourt assure avoir "changé"
"Une histoire de cornecul": à la barre, Christophe Rocancourt assure avoir "changé"

"Une histoire de cornecul". Jugé à Paris pour trafic d'influence et escroquerie notamment, "l'escroc des stars" Christophe Rocancourt a assuré lundi avoir "changé" et pris le contrepied de certaines de ses déclarations pendant l'enquête.

L'homme est connu pour avoir dans les années 1990 soutiré des millions de dollars à de riches Américains, à Hollywood et New York, en multipliant les pseudonymes, ce qui lui a valu de passer plusieurs années en prison.

En France, Christophe Rocancourt a été condamné en 2012 pour abus de faiblesse sur la réalisatrice Catherine Breillat et, cinq ans plus tard, dans l'affaire du vol de 52 kg de cocaïne à l'ex-siège de la police judiciaire, le 36, Quai des Orfèvres.

"Rocancourt d'avant et Rocancourt d'aujourd'hui, c'est pas le même, les années sont passées", promet à la barre le prévenu, 55 ans, lunettes fumées à montures épaisses, cheveux gris coiffés sur le côté pull bleu foncé sur pantalon noir et baskets.

"J'étais escroc" et "aujourd'hui, j'ai évolué, j'ai changé", poursuit celui qui se présente comme l'auteur de "sept livres".

"Toute cette histoire, si je peux me permettre (...) c'est un peu une histoire de cornecul, on est pas dans la haute-voltige", affirme Christophe Rocancourt. "Je reconnais les faits de façon limpide", poursuit-il néanmoins, "j'assume".

"L'escroc des stars" est jugé aux côtés de 18 prévenus dans une affaire à tiroirs datant de 2014 et 2015, dont le principal volet est celui dit des "fuites du 36".

- "Des sommes dérisoires" -

Lui comparaît notamment pour avoir prêté 90.000 euros à l'avocat Marcel Ceccaldi, en échange d'intérêts conséquents.

Pendant l'instruction, il avait reconnu ce prêt. Mais à la barre, il nie: "j'ai dû l'aider de quelques deniers, des sommes dérisoires" et "je l'ai dépanné en lui amenant deux clients", mais "gratuitement".

"Ce que vous nous dites-là ne cadre pas du tout avec les interceptions téléphoniques", relève le président Benjamin Blanchet. "Vous avez annoncé que vous alliez dire la vérité. Mais elle varie, cette vérité."

"Vous savez la vérité, elle est pas unique", réplique Christophe Rocancourt.

D'un ton détaché, les mains de chaque côté de la barre, le prévenu est parfois roublard, volontiers louangeur, envers le juge d'instruction Roger Le Loire - "humainement, quelqu'un d'exceptionnel" - Marcel Ceccaldi - avec qui il parlait de "Marc Aurèle ou de Sophocle" - et son coprévenu le notaire Jean-Michel Vulach, "charmant et agréable".

Un notaire qu'il est soupçonné d'avoir escroqué.

Pendant l'instruction, il avait reconnu lui avoir fait croire à l'existence d'un policier corrompu, surnommé "le crevard", susceptible d'intervenir en sa faveur dans des affaires judiciaires. Le notaire lui aurait versé 10.000 euros, dont la moitié aurait été reversée à Marcel Ceccaldi.

Dans une écoute, M. Rocancourt dit en évoquant M. Vulach: "Le Vuvu, on va le tordre, on va lui prendre de l'oseille".

- "Le salaud, c'était moi" -

"J'ai pas escroqué M. Vulach", assure cette fois M. Rocancourt. Ce stratagème, "je ne l'ai pas conçu, on était dans une forme de blague, de déconnade". Le "crevard" ? "C'était Marcel Ceccaldi".

Sa compagne Alexandra Mallet a reconnu la semaine précédente s'être fait passer, à sa demande, pour ce policier "crevard" au téléphone.

"Elle a eu la malchance de rencontrer Rocancourt", se désole-t-il, parlant d'une "jeune femme de très bonne famille" qui était "sous (son) influence". "Le salaud dans cette histoire, c'est moi".

Christophe Rocancourt est aussi soupçonné d'avoir sollicité le fondateur du GIGN, Christian Prouteau, rencontré sur un plateau de télé en 2010, pour qu'il intervienne dans le dossier de régularisation d'une Marocaine, cliente de Marcel Ceccaldi.

L'ex-gendarme de l'Elysée, qu'il appelle "M. le préfet", "n'a fait que dire la vérité", clame le quinquagénaire, confirmant cette fois ses déclarations passées.

Il lui a demandé de "se renseigner" mais la somme de 2.500 euros évoquée dans des écoutes était liée à l'achat avorté d'une montre et non à une rémunération, soutient-il.

Christophe Rocancourt admet aussi avoir exercé illégalement la profession de banquier, en prêtant des sommes à "une petite liste" de personnes à des taux usuraires de 30%. Et ne peut s'empêcher de glisser en souriant: "dans mon cas, avouez que c'est un peu drôle, banquier..."

AFP

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