Covid-19: dans sa bulle sans spectateurs, le sport professionnel dans un trou d'air

Covid-19: dans sa bulle sans spectateurs, le sport professionnel dans un trou d'air
Covid-19: dans sa bulle sans spectateurs, le sport professionnel dans un trou d'air
Covid-19: dans sa bulle sans spectateurs, le sport professionnel dans un trou d'air

Le sport est un spectacle et une économie. Après l'arrêt des championnats au printemps 2020, le huis clos qui perdure dans les stades et les salles plonge les finances des clubs professionnels dans le rouge, et leurs dirigeants dans le doute.

"Le sport a subi un choc sans précédent", explique ainsi Philippe Diallo, président de Cosmos, représentant employeurs et entreprises du sport, pour résumer d'un trait l'année qui vient de s'écouler.

La reprise d'un semblant de normalité en septembre a vite été fauchée par la recrudescence du virus, obligeant l'exécutif à réduire le nombre de spectateurs dans les tribunes.

Si cette fois-ci les championnats, tournois et matches ont pu continuer à se tenir, c'est devant 5.000 puis 1.000 personnes comme à Roland Garros en septembre, avant qu'un couvre-feu n'essaime dans plusieurs départements et dans tout le territoire entraînant la fermeture des portes des stades au public.

Les sports comme le rugby, le handball, le basket ou le volley qui dépendent beaucoup des recettes de billetterie, sont depuis à la peine.

"La meilleure façon de résister, c'est d'avoir un bon gros contrat télé, cela permet de jouer dans des stades vides et de ne pas trop toucher votre modèle économique", explique à l'AFP Didier Primault, économiste et directeur général du centre d'économie et de droit du sport.

- "Les maigres meurent" -

Le football français a, lui, pâti de deux maux: le contrat juteux signé avec son principal diffuseur Mediapro finalement parti en fumée et, dans une moindre mesure, le huis clos. Cette combinaison fait craindre le pire pour certains clubs.

Ceux qui étaient mal en point avant la crise se trouvent en grandes difficultés. Ainsi, les Girondins de Bordeaux ont récemment annoncé un plan de départs volontaires dans le cadre d'une "réorganisation" du club, en déficit structurel depuis plusieurs années.

Au sein de chaque sport, les situations sont variables, comme en rugby où "Toulouse, Clermont ou La Rochelle vivent vraiment beaucoup avec des stades pleins" par rapport "au Racing qui vit un peu plus avec le soutien de son actionnaire", décrypte Didier Primault.

Même le Stade Toulousain, club de rugby le plus titré de France, est dans le rouge, d'autant qu'il se voit privé momentanément de Coupe d'Europe pour cause de variant britannique.

"Comme on dit familièrement: +quand les gros maigrissent, les maigres meurent+", résume Philippe Diallo, également directeur général de l'Union des clubs professionnels de football (UCPF). Selon lui, 400 millions d'euros ont été injectés par les actionnaires dans les clubs français depuis le début de la crise.

La question de la baisse des salaires des joueurs est désormais sur la table.

- Huis clos "mortifère" -

Pour compenser les pertes de recettes de billetterie, l'Etat a débloqué en décembre un fonds de 110 millions d'euros. Il a aussi accordé des exonérations de cotisations sur les salaires lors des trois derniers mois de l'année 2020 (105 millions d'euros), après le lobbying, en coulisses pour certains, et au grand jour pour le champion de basket Tony Parker et président de l'Asvel Lyon-Villeurbanne.

Deux mois après l'annonce de ces mesures par le président de la République, qui a cajolé un milieu se sentant délaissé, les stades ne sont toujours pas près de rouvrir leurs portes aux spectateurs.

"Il va falloir continuer une partie de l'année à jouer sans public, avec des conséquences mortifères", commente Philippe Diallo. Sans compter que "sans spectateurs, il manque une dimension émotionnelle", ajoute-t-il."Si le huis clos se poursuit, la logique voudrait que le fonds de compensation se prolonge", fait-il observer, craignant des "défaillances".

"Si cela dure encore plusieurs mois, il va y avoir des catastrophes", renchérit Didier Primault. Lui redoute que des clubs de foot aux abois "tombent sur des prédateurs", peu soucieux de la pérennité des clubs, plutôt que sur "des investisseurs solides".

Et quid des grands évènements sportifs, type Euro de foot et Jeux olympiques?

"Pour l'instant, les très grands clubs, les très grands événements arrivent à s'en sortir mais, si les JO de Tokyo n'arrivent pas à avoir lieu, cela va être devenir très compliqué pour Tokyo, mais aussi pour le CIO", estime Didier Primault.

AFP

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