CCBot/2.0 (https://commoncrawl.org/faq/) "Désobéissance civile", "fumis" de la discorde... La grogne monte en tribunes

"Désobéissance civile", "fumis" de la discorde... La grogne monte en tribunes

"Désobéissance civile", "fumis" de la discorde... La grogne monte en tribunes

Sanctions fustigées, positions irréconciliables sur les engins pyrotechniques: certains groupes de supporters, ultras ou non, expriment leur mécontentement face aux autorités de l'Etat et du football, parfois au nom de la "désobéissance civile", quitte à basculer dans l'illégalité.

. 'Désobéissance civile'

Les Ultramarines de Bordeaux, ou d'autres, vont-ils à nouveau se faire remarquer? Le groupe, qui revendique plus d'un millier d'adhérents, a bravé une interdiction de déplacement prise par l'instance disciplinaire de la Ligue de football (LFP), puis par la préfecture du Bas-Rhin, pour assister à un match à Strasbourg.

Quatre membres du groupe de 50 concernés, originaires d'Alsace, sont poursuivis pour "non respect d'un arrêt préfectoral" et encourent une peine de 6 mois d'emprisonnement et 3.750 euros d'amende, assortie d'une éventuelle interdiction de stade. Ceux qui ne sont pas originaires de la région risquent d'être également poursuivis dans leur département.

Pourquoi avoir pris de tels risques? "Les Ultramarines ont décidé de ne plus respecter ces arrêtés qui sont une privation des libertés fondamentales des supporters", répondait dimanche à l'AFP l'un de leurs responsables, qui prône "une désobéissance civile".

Ce n'est pas la première fois que des groupes de supporters tentent de passer outre les restrictions de déplacement. Parisiens à Troyes en mars 2016, Nantais à Caen en avril de la même année... En avril 2016, les Ultramarines avaient contraint la préfecture de Loire-Atlantique à revenir sur sa décision d'interdire la présence de supporters des Girondins.

. 'Ni hooligans, ni terroristes'

Alors qu'un espace de dialogue, l'instance nationale du supportérisme, a été mis en place lorsque Thierry Braillard était ministre des Sports, et que les revendications des supporters concernant des espaces "debout" dans les stades sont plutôt favorablement perçues par les autorités, un organe concentre les critiques des tribunes: la commission de discipline de la LFP.

L'Association nationale des supporters (ANS) l'accuse d'avoir "déserté sa mission de sanctionner les manquements des clubs pour s'arroger le devoir de sanctionner directement les supporters", notamment via les fermetures de tribunes.

Les aficionados pointent du doigt une infime minorité coupable, alors que les fermetures de tribunes sanctionnent des milliers de personnes. "Nous ne sommes ni hooligans, ni terroristes", ont récemment plaidé les supporters de l'OM après qu'une fermeture partielle des tribunes a été décidée le jeudi soir pour un match ayant lieu le vendredi, au détriment des fans venus de loin, ayant pour certains déjà "pris la route", selon l'ANS.

Cette dernière regrette aussi que la commission de discipline "accepte de ne pas sanctionner les manquements des clubs si les clubs portent plainte contre les supporters". Ce qui a selon elle pour effet pervers d'encourager les clubs à porter plainte "contre n'importe qui", quitte à ce que les supporters soient ensuite innocentés en justice. Cela a été le cas récemment pour deux membres des Celtic Ultras, un groupe de supporters du Stade Brestois (L2), rapporte le quotidien Ouest France.

. 'Danger pour la santé'

L'instance disciplinaire suit toutefois les textes, notamment pour ce qui concerne la grande pomme de discorde entre supporters et autorités: les engins pyrotechniques.

"No pyro, no party", veut l'adage des ultras, pour qui les fumigènes colorés, qui font le bonheur des photographes amateurs et professionnels, font partie de leur culture et de l'animation des tribunes, comme les chants ou les tifos.

Côté autorités, on est inflexible: leur utilisation est "à proscrire totalement", a rappelé encore récemment le commissaire à la tête de la division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), Antoine Mordacq. Le directeur général de la LFP, Didier Quillot, a lui fustigé des engins qui ne sont "pas du tout un instrument de fête mais un danger pour la santé".

L'utilisation des "pyros" est en forte augmentation: 1.200 utilisés sur la première partie de saison contre 500 sur la même période l'année écoulée, selon la DNLH. La raison? Notamment les anniversaires de certains groupes célébrés à grands renforts de "fumis".

Pas forcément la meilleure manière d'entamer le dialogue, que réclament les supporters, avec les autorités. Mais les Ultramarines l'ont répété à l'AFP: "notre devoir est d'attirer l'attention sur ce problème, et si elle ne l'est pas par le dialogue, elle doit l'être d'une autre manière".

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