Trump critique le choix d'Obama de déménager l'ambassade américaine à Londres: sauf que ce n'est pas lui qui a décidé

Donald Trump a annoncé vendredi qu'il annulait sa visite à Londres destinée à inaugurer la nouvelle ambassade des Etats-Unis, où il risquait d'être accueilli par des manifestations hostiles.

"La raison pour laquelle j'annule mon voyage à Londres est que je ne suis pas un grand fan de l'administration Obama qui a vendu l'ambassade la mieux située et la plus agréable à Londres pour des cacahuètes, afin d'en construire une autre bien plus éloignée pour 1,2 milliard de dollars", a écrit M. Trump dans un tweet nocturne. "On voulait que je coupe le ruban. NON!", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis avaient en fait annoncé leur intention de déménager leur ambassade sur un nouveau site en octobre 2008, lorsque George W. Bush était à la Maison Blanche et non sous la présidence Obama.


Un projet initié en 2006

La nouvelle ambassade des États-Unis à Londres est le résultat d'un projet colossal entamé il y a plus de dix ans, destiné entre autres à améliorer l'accueil du public et la sécurité. C'est le Département d'État américain qui en 2006, sous l'administration de George W. Bush, a initié l'idée de se doter d'un bâtiment "moderne, sécurisé et fonctionnel".

L'ancienne ambassade était devenue "trop encombrée", et ne répondait pas "aux normes de sécurité requises", selon les mots de Louis Susman, ancien ambassadeur des États-Unis au Royaume-Uni. En octobre 2008, les autorités américaines ont arrêté leur choix et acheté un terrain de près de deux hectares à Nine Elms, un quartier du sud londonien en pleine régénération, situé non loin du Parlement mais de l'autre côté de la Tamise.

La construction du nouveau bâtiment a été confiée au cabinet d'architectes américain KieranTimberlake, basé à Philadelphie. Le résultat est un cube de verre de douze étages, pour une surface de 54.000 mètres carrés, entouré de jardins et d'un plan d'eau. Une attention particulière a été apportée aux performances énergétiques: le bâtiment est neutre en émissions de carbone et auto-suffisant en eau. Il a également été conçu pour optimiser l'éclairage naturel.
 
La réalisation ne fait pas l'unanimité. "Ceux qui désespèrent de voir un emblème de l'actuelle administration américaine le trouveront dans la nouvelle ambassade à Nine Elms: c'est une forteresse carré avec des douves", estime l'hebdomadaire The Economist.


L'ambassadeur attendait pourtant Trump avec impatience

Les médias britanniques spéculaient depuis des semaines sur la date d'une visite de M. Trump pour inaugurer ce bâtiment flambant neuf en forme de cube conçu par le cabinet d'architectes américain KieranTimberlake, situé dans le sud-ouest de Londres, au bord de la Tamise, qui ouvrira ses portes au public le 16 janvier.

Le mois dernier, l'ambassadeur Woody Johnson avait déclaré qu'il était impatient d'accueillir le président, ajoutant : "Je pense qu'il sera très impressionné par ce bâtiment et les gens qui l'occupent". Selon lui, la nouvelle ambassade est "un signal lancé au monde que la relation spéciale que nous avons (entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis) est plus forte et va grandir et se renforcer".


Le président américain risquait un accueil difficile

Mais la venue de Donald Trump était susceptible de provoquer une série de manifestations dans la capitale britannique, dans un contexte de tensions entre les deux alliés historiques.

Le député travailliste Ed Miliband, a réagi au tweet du président américain en réfutant la raison invoquée par Trump: "Non, c'est parce que personne ne souhaitait votre venue. Et vous avez compris le message". "Beaucoup de nous, Londoniens, sont ravis que Trump n'amène pas ses opinions racistes et misogynes néfastes ici en inaugurant la nouvelle ambassade américaine", a renchéri sur Twitter un autre député travailliste, Steve Reed.


Relations ternies entre les deux pays

Interrogée par l'AFP, une source gouvernementale a indiqué qu'aucune date n'avait été fixée pour cette inauguration, et que le projet de visite d'Etat du président américain était toujours d'actualité.

La relation "spéciale" entre Washington et Londres a été ternie par plusieurs épisodes de tension, le dernier en date en novembre, lorsque M. Trump avait retweeté des vidéos anti-musulmans mises en ligne par la vice-présidente du groupe d'extrême-droite Britain First.

Theresa May avait déclaré que Donald Trump avait eu "tort" de retweeter ces vidéos, et le président américain avait répliqué en conseillant à la Première ministre britannique de se concentrer sur le "terrorisme radical destructeur" dans son pays.

Le président américain s'était aussi écharpé avec le maire travailliste de Londres Sadiq Khan, l'accusant de prendre le terrorisme à la légère.

L'ancien chef du parti europhobe et anti-immigrés Ukip, Nigel Farage, fervent admirateur de Trump, a jugé l'annulation de la visite "décevante". "Il s'est rendu dans des pays tout autour du monde mais pas dans le pays dont il est le plus proche", a-t-il déclaré vendredi matin au micro de BBC Radio 4.

Sur la même radio, le député travailliste Chuka Umunna, a déclaré au contraire que cette décision était "tout à fait bienvenue", estimant que le président américain "va à l'encontre des valeurs britanniques".

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